Jeudi 15 octobre 2009
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À arpenter comme ça tout Paris (avec son cv dans la poche) on fait des découvertes surprenantes. Par exemple, rue
Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, il y a une boulangerie-pâtisserie tous les cinq mètres. C'est proprement hallucinant, me direz-vous. Qui croirait que les habitants du 7e
arrondissement aient autant besoin de pain ? (Alors que rue des Francs-Bourgeois, on peut s'accrocher pour trouver un seul truc à manger : on croit enfin avoir atteint une boulangerie, c'était un
leurre. Sous la vieille enseigne, un magasin de fringues. Ils adorent ça, dans le Marais, faire croire que c'est une boulangerie, ou une boucherie, ou une droguerie, et hop, ô surprise, en fait,
c'est des fringues, tiens donc.) Rue Saint-Dominique, les vitrines des boulangeries-pâtisseries étaient toutes plus appétissantes les unes que les autres, avec leurs petits pains aux olives ou
aux lardons, leurs éclairs, leurs petits gâteaux verts et roses. J'en ai presque oublié que j'étais dans un arrondissement improbable (pour ne pas dire atroce) comme le 7e arrondissement. (Il
faut se les taper, les rues droites pleines de ministères à n'en plus finir qu'un grand vent parcourt sans relâche.)
Dans le 5e, j'ai compris maintenant, je suis dans un film de Truffaut. Cherchez bien, vous ne trouverez aucune
enseigne connue, ni Starbuck ni Zara ni H&M. Au premier abord, ça repose. Or, ne s'y trouve aucun magasin un tant soit peu "hype" non plus. Il y a des restaurants, notamment exotiques, des
cafés, des commerces traditionnels, des magasins ethniques, mais rien qui ne trahisse particulièrement notre époque. Je me laisse gagner par cette impression étrange de vagabondage dans un autre
temps, et je me sens bientôt engloutie par ce Paris générique, un peu morne, verdâtre, sans éclat, sans vie. J'ai été des années à la fac non loin de là, des souvenirs confus remontent, et
soudain me prend l'envie de hurler Antoine Doinel Antoine Doinel à certains carrefours tristes. Alors je marche encore, pour m'échapper, je traverse un pont, puis un autre. Passée la boulangerie
factice, il y a les paisibles rues Elzévir, Payenne ou de Sévigné, qui toujours, par l'un de leurs grands portails, par leurs fleurs tendues à travers les grilles des jardins, par la majesté des
moulures d'une corniche ou la simplicité d'une de leurs hautes fenêtres, me comblent de ravissement.
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